Cannabis

L’augmentation massive de la toxicité du cannabis, son origine qui en multiplierait très fortement les effets toxiques, mélanges qui y sont associés, l’âge de plus en plus précoce auquel il est consommé, à des doses de plus en plus importantes, sont d’autant plus alarmants, que la porte à de nouveaux toxiques se trouve maintenant ouverte : alcool, cocaïne, ecstasy, héroïne…

Le nombre de schizophrénies se voit multiplié par six dès lors que le cannabis est utilisé à partir de l’âge de treize ans. Les troubles psychiatriques : pathologies graves, troubles du caractère, phobies, états dépressifs dont témoignent la multiplication inquiétante du nombre de suicides chez les jeunes – et que paradoxalement, personne ne semble pour le moment le relier à cela- sont pourtant alarmants.

Les troubles de la mémoire et de l’attention, la baisse de l’immunité, les troubles cancéreux -en augmentation de trente pour cent chez les jeunes- avec leucémies lymphoïdes chez des enfants dont la mère a, activement ou passivement absorbé du cannabis pendant sa grossesse, sont là pour faire réfléchir.

Atteinte irrémédiable des liaisons nerveuses entre cerveau et système génital –surtout pour l’ecstasy – modifications des terrains transmises dans les générations à venir, sont ici des plus inquiétants.

Ceux qui en consomment maintenant très banalement, sont bien loin de se douter de la spirale inquiétante dans laquelle, surtout s’ils sont fragiles ou mal accompagnés, ils risquent d’être entraînés.

Plusieurs catégories de sujets peuvent se repérer dans l’usage du cannabis, qui peuvent correspondre à certains profils homéopathiques.

La première correspond à des adolescents idéalistes, le plus souvent tuberculiniques pour lesquels la drogue constitue une forme de « dérobade » à la réalité.
Fragiles sur le plan physique ils sont souvent mal structurés sur le plan de la personnalité. En absence de repère au sein d’un environnement insuffisant pour les épauler, les « entendre », et les soutenir dans leurs projets créatifs mais souvent peu réalistes, ils cherchent au sein d’une forme de famille d’emprunt une nouvelle possibilité d’exister, davantage en phase avec leurs besoins. Déçus par une réalité dans laquelle ils ont du mal à trouver leurs marques, ils tentent de trouver au travers du toxique et du groupe au sein duquel ils cherchent leur place, une forme d’apaisement et de mode de vie possible.
Phosphorus, Calcarea phos, Tuberculinum, Kali phos, quelquefois Natrum mur dans ses phases asthéniques, ou Lycopodium se retrouvent là.
Leur proposer un projet susceptible d’étayer leurs rêves pour les ramener dans le concret, prendre en compte les aléas générés par la dégradation d’un corps fragilisé pour leur redonner la sensation d’une solidité dans leur implantation au sein du monde, est fondamental.

Pour une deuxième catégorie de sujets, il s’agit de conduites de refus et d’opposition : se soumettre au principe de réalité est impossible.
Le deuil de leurs illusions et le renoncement à ce qui peut constituer des espoirs ou à des rêves peu en phase avec le réel pour rentrer dans l’âge adulte s’avère délicat.
Il s’agit là de personnalités prépsychotiques ou très « borderline ». La drogue constitue ici un moyen de rentrer en contact avec une sorte d’absolu, de transcender la frustration et d’en dépasser les effets émotionnels délabrants.
Phosphorus, Tuberculinum, Kali bromatum, Kali phos manifestent ici leur fragilité et risquent fort de se retrouver en décompensation psychotique.

Pour une troisième catégorie de sujets, il s’agit d’une conduite autodestructrice :
L’on fume, l’on boit, l’on se « shoote » pour dire et manifester tout haut le désarroi, la violence et la tristesse qui habite. Il s’agit là de personnalités structurées de façon précoce et rigide : le refus manifeste ou larvé de la sexualité est courant avec, chez la fille, une difficulté à assumer une identité féminine. Le désir et l’illusion de maîtrise de la réalité et de la drogue est fréquente avec, déni du danger, attitude de défi face à un risque pourtant connu, jouissance de la transgression même si elle expose au danger, flirt avec la mort analogue à celui que l’on peut observer dans l’anorexie mentale.
Existe là une sorte de tentation à repousser ses propres limites avec un désir mégalomaniaque de toute puissance : il peut observer chez Sepia surtout, Aurum, Lycopodium parfois. La quête est celle de l’absolu avec tous les risques liés à une perte des limites, conduisant à une overdose mortelle : l’auto agression s’allie ici à la rage destructrice.

Pour d’autres, il s’agit là de conduites régressives et (ou) narcissiques :
Le narcissisme mis à mal côtoie ici la tendance régressive : il s’agit là de sujets souvent immatures et influençables, peu matures, à jugement assez faible, qui, craignant la pression du groupe, s’y soumettent par crainte d’être laissés ou d’être l’objet de moqueries.
La famille est souvent laxiste, indulgente par facilité, ne surveillant ni les occupations, ni les fréquentations de l’adolescent : elle se contente de lui donner de l’argent, sans aller plus avant dans les questions posées-en quelque sorte l’on ne veut pas savoir-. Elle tolère bien souvent des comportements sans se préoccuper de ce qui se passe. La résultante en est une absence de structures, de limites, et aussi de défenses avec un vécu d’abandon affectif et moral.
Pulsatilla fait partie de cette catégorie des personnalités régressives : elle boit, fume, se laisse convaincre à prendre davantage de risques en tous genres, pourvu que de l’affection ou de l’amour lui soient promis, ou semblent à la clé. Palladium dans son désir de briller, s’adonne parfois à cette tendance aux toxiques ;
Platina prise dans le désir de montrer ou de se donner une image fascinante d’elle-même s’y laisse prendre par jeu, tout comme Natrum mur, fragilisé par son impossibilité à dire, rejette ainsi ce qui l’a fait souffrir.

La quatrième catégorie est constituée par des angoissés profonds qui ont du mal à vivre et à s’aimer (cf Cannabis indica)
L’oralité avide avec souvent une carence affective, un manque de présence et de repère paternel, ou encore une famille éclatée, témoigne d’un modèle identificatoire familial insuffisant. Le risque d’évolution psychotique est moindre ici, mais la présence d’une sorte d’équivalent suicidaire, avec satisfaction primitive de toute puissance sur sa propre existence à travers le corps, est problématique : il y a là une forme de défi à la mort pour avoir conscience de vivre.
Les traits de personnalité de type anorexique sont souvent ceux de Sepia ou de Natrum mur. Mais ils ne sont pas les seul : la prise de la drogue peut constituer aussi pour Platina le moyen d’oublier et de lancer une forme de défi provoquant à qui l’a méconnue et estimée à sa juste valeur.

La cinquième catégorie regroupe les revendicateurs qui, en proie à un besoin de satisfaction immédiate, passent à l’acte facilement.
Sans limites, ils se voient souvent l’objet d’un rejet social. Ils ne se sentent exister que lorsqu’ils s’exhibent dans des propos d’exigence, des actes de provocation et des comportements agressifs. Ils se montrent alors immatures, impulsifs et violents. Incapables de renoncer ou de différer un plaisir, ils sont dans le « tout et tout de suite », manifestant une absence d’ « autocontrôle », comme si maîtriser ses pulsions était insupportable. Les violences sont ici fréquentes, rappel de celles passées, vues ou vécues.
Se retrouvent ici entre autres : Mercurius sol, Hepar sulfur, Fluoric acid, Staphysagria, Nux vomica, Stramonium…
Le risque de franchir le pas vers l’héroïne est majeur, l’exacerbation des traits de caractère de base avec sclérose et durcissement de plus en plus marqués les fait évoluer vers la psychopathie, des comportements de type paranoïaque, les conduites délinquantes, les risques d’évolution délirante et psychotiques.

En conclusion :
Rappeler que les drogues quelles qu’elles soient, laissent leur trace dans l’organisme et interviennent sur le sujet bien au-delà de la période de prise du toxique- notamment pour la cannabis, stocké dans le cerveau, pour être remis dans le courant circulatoire lors des périodes émotionnelles intenses souvent des années après l’arrêt, d’où certaines pathologies d’allure psychiatrique – est important.

Exprimer aussi que les effets ne sont pas des moindres, même sur la descendance.
En fait, il n’y a pas de drogues dures ou de drogues douces… Il n’y a qu’une appétence toxique en voie d’augmentation. Y prendre garde, et le rappeler, peut permettre de faire prendre conscience que les temps ont changé et qu’il est important de ne pas y laisser s’y perdre des générations insuffisamment armées pour y faire face…C’est là le rôle autant des parents face à leurs adolescents, que des soignants qui y sont confrontés au quotidien.

Dr G.Z.


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